Je prends une bouffée d'air frais, de ce qu'il en reste en tout cas. 21H et déjà les rues sont submergées de vomis, d'huile de moteur c'est dire l'état des voitures, vitres brisées, panneaux d'affichage brulés; la seule verdure à l'horizon est due au feu du carrefour. Sur le moment je me suis dis "quel cartier pourri". J'aperçois une silhouette, tout ce qui peut s'apparenter à un type du coin: crade, mal habillé, pas rasé depuis quelques jours, le genre de mec que vous croisez dans la rue et qui vous fera imaginer l'agression de votre vie. Ce type auquel je ressemble pas mal aujourd'hui c'était le gars qui m'a invité la veille. Il s'approche de moi et me balance "Eh ça va mec? Quoi de neuf depuis le temps? T'es pas avec ta meuf?" à peine le temps de lui répondre "Ben elle m'a..." il interrompt avec "Boh c'est pas grave ça nous fera plus de consos pour nous deux, hein mec?".
Laissez moi vous présenter Nathan. Il était fils d'un riche chirurgien esthétique et d'un mère au foyer. Surfant sur l'argent de ses parents il avait trouvé le vice parfait pour être libre et jugé assez sérieux par ses parents pour qu'ils le finance. Il s'était lancé dans un doctorat en psychanalyse, ça faisait assez d'années selon lui pour être tranquille et pour "baiser assez de fois" pour qu'il s'en lasse. Il vivait la nuit non pas par insomnie mais par volonté, tout ce qui se passait de bien se passait la nuit sur le campus. Il était l'antithèse parfaite de ce que présupposaient ses parents.
On rentre dans le premier bar sur la route, tout les styles y étaient : émos, punks, goths, baba-cools, hippies... A 75% de filles. C'était le bar parfait pour une rencontre. Assis au comptoir je demande à Nathan pourquoi on irait pas à une table. Il avait une théorie, vu ses années de pratique elle tient la route, "Quand on est assis à une table on est plus difficile d'accès, assis sur une chaise ne te montre pas, rester debout contre un mur signifie que tu ne sais pas où te mettre donc tu affiches un manque de confiance en toi, tandis qu'au comptoir tu es celui qui sera le plus vu; les commandes s'y font, les gens fixent leurs yeux sur les prochains alcools qu'ils vont boire et surtout tu peux mater les cibles dans avoir à te retourner." Suite à ça je lui demande pourquoi on est là. "Ben pour en choper une, ou deux si t'as de la chance!".
Mon c½ur se met à battre aussi vite qu'il peut sans aucun exercice, le stress qui augmente, mes mains et jambes se mettent à trembler, signe que le stress monte. En deux mois d'isolement j'avais frôlé la misogynie. Alors aller parler à une fille, la draguer, la ramener dans mon lit. Je lui explique donc le tout, le dernier lien que j'avais eu avec le sexe était l'orgasme qu'avait eu mon ex avec un autre homme. Sa réaction fut des plus simple : "Écoute, si t'as eu une frustration j'peux comprendre, mais là il faut que tu te défoule, zéro sexe pendant 2 mois c'est pas bon, c'est pas moi qui le dit c'est Freud, il dit aussi que si tu baise mal ça te fera une autre frustration, et vaut mieux pas dans ton état que tu touches le fond". Sur ces mots tout droit tirés d'un cours par un prof déjanté, il se lève prend la première fille qu'il trouve debout par la taille et lui claque "Eh t'as déjà vu mon pote Damien?".
Me voilà pas dans la merde, la fille semble en vouloir en plus, mini jupe débardeur avec vue plongeante sur son décolté. Sans même me dire son nom elle me propose à l'oreille "ça te dirait qu'on aille dans un endroit plus calme, beau gosse?". Dans ma tête je me suis dis deux choses, à quel point est-elle bourrée? et quoi de mieux que de prendre une humiliation sans que personne ne voit? J'ai donc accepté, le coin tranquille en question se trouvait être les toilettes situé dans ce qui pouvait être avant le sous sol. Elle me saute dessus, m'embrasse, me caresse, les deux mois d'abstinence m'ont fait oublier ce qu'était le désir, du coup à peine elle m'embrasse j'ai la gaule. Après 2 mois je retrouve le désir de dominer, prendre le dessus. Ma main va par réflexe au dessus de sa mini jupe et là j'ai cru pendant une seconde que c'était foutu. Elle m'arrête, me regarde, me sourit, s'agenouille, me dit "tu te tais et tu bouges plus" et là c'est parti. Le bonheur pur, le seul dont j'avais besoin sans le savoir, ne rien avoir à faire, la fille suce et lèche avec engouement, je ne sens plus mes jambes, plus mes bras, la seule chose que je peux ressentir c'est la sensation de ses lèvres.
Il y a une chose que ne disait pas Freud, c'est que deux mois d'abstinence provoque une éjaculation imprévisible et prématurée.
Malheureusement pour cette jeune fille, qui apparemment n'avait jamais eu les soins d'une éjac' faciale, c'est que je ne savais pas quand ça allait se terminer. En tout cas jusqu'au moment où je l'ai entendue hurler "mais c'est quoi ce bordel ?!".Curieusement la seule réaction que j'ai pu avoir était de baisser ma tête et j'ai souris. Le sourire béat, même les enfants n'en ont pas d'aussi beaux. Elle est bien sûr partie en courant. Nathan est sorti du chiotte et a commencé à gueuler "Il est des notres, il a pris son pied comme les autres"
Jamais la misogynie et mon hétérosexualité ne s'étaient aussi bien mélangées.