Addiction




Je suis Accro; je me lève avant même l'aube, je suis mon instinct, je me fie à ce que je pourrais trouver, entre dans les bas fonds, explore des lieux dont je ne soupçonnais même pas l'existence. Ce but unique me guide, m' envahie, me porte lorsque je suis à bout. Pourquoi? L'augmentation d'adrénaline, les hormones, la dopamine, la sérotonine qui nous mène aux endorphines, et puis le plaisir. Ne vous détrompez pas, à mon stade le plaisir que vous pensez n'est plus là, ce que j'entends par le plaisir je parles du jeu. Ce jeu bafoué par les Meetic et autres conneries pour tout ces enfoirés de dépressifs ne s'assumant pas assez pour sortir de chez eux, remarque par les temps qui courent c'est pas si bête. Ce qui nous amène à une question, l'unique, vous qui lisez pourrez, peut être, mieux comprendre comment j'en suis arrivé là. Comment suis-je devenu accro au sexe?

# Posté le jeudi 14 mai 2009 11:11

L'instant I

Il y a un an de ça environ j'étais comme vous. Non, mieux que vous ou pire tout dépend du point de vue. J'avais tout, studio payé entre les parents et mon salaire, les cours m'intéressaient, je suivais les information, j'étais actif dans la vie social dans toutes sortes d'engagements, une santé parfaite, alimentation équilibrée, pas de cigarettes pas d'alcool mais surtout je l'avais elle. Ma petite amie, à chaque regard que je lui portais une autre sublimation m'emportait, chaque pas qu'elle faisait était parfait, chaque touché dont elle me faisait don me transformait, enfin bref on s'en fout d'elle. Ça va vous paraître cliché forcément (vu le nombre de victimes) mais un soir je suis rentré plus tôt des cours que prévu, pour la première fois de ma vie ce n'était plus parfait, j'en avais assez d'entendre cette voix me répéter encore et encore à quel point la question de la narration est importante. Il pleuvait des cordes, le genre de jour où l'on entend pas les va et viens dans le couloir du studio, la flotte tambourine tellement sur la baie vitrée et le toit en taule que la seule solution pour avertir quelqu'un serait de tout exploser à la batte de baseball, eh eh si seulement. Une fois dans le studio je prends une cannette et vais tout innocemment dans la chambre et je trouve (fin du suspens) ma copine en levrette avec ce qui pourrait être décrit comme un étalon moderne (comprendre par là ces métrosexuels que la pub tente de nous faire avaler par le biais de campagnes arborant des hommes efféminés mais tout en restant viril). En y repensant j'ai bousillé le tapis de chez IKEA que j'avais eu en cadeau par elle avec mon coca. Maintenant une tache de sang lui tient compagnie.
Ma réaction fut simple et humaine, je me suis mis à hurler. Pas par colère, ni par frustration,par désespoir. Envahi par ma vie, tout le petit système que j'avais réussi à bâtir au fil des ans; la possibilité d'une vie normale, un mariage, deux enfants, une maison achetée en banlieue à crédit sur 15 ans, un chien les repas de famille chaque dimanche midi. Mon beau petit futur en arc en ciel était maintenant phase de rencontrer ce que je n'avais jamais vécu, l'échec.
Le gars est parti plutôt rapidement. Je ne vous détaillerai pas la discussion que s'en suivait avec cette salope car j'étais plutôt du genre le minable foudroyé par ce qui venait de lui arriver. Notre relation de deux ans, notre vie, nos vies ont pris fin cette journée. Elle a déménagé chez ses parents, je suis resté. Suite à cela je me suis isolé, c'était le choix le plus facile, le plus simple. La société permettant notamment de vivre en ermite. Au bout de deux mois de solitude on oublie rapidement de parler, d'argumenter, de mentir. Les deux seuls contacts que j'avais étaient ceux de la livreuse de pizza, une jeune asiatique qui me souriait tout le temps et prenait les boites vides pour les descendre; et la caissière horrible du supermarché.
La vie de couple ayant réduit, au fil du temps, mes amitiés je n'avais pas d'informations su les soirées qui se tramaient jusqu'à un jeudi soir. Un sms. Je me suis dit qu'il était temps d'annoncer ma solitude à tout ces gens friands de revues people, sur comment a pissé Katy Perry la nuit dernière par exemple. Je réponds au sms que je serai au lieu de rendez vous. Manque de chance j'ai pas regardé le numéro sur le coup.

# Posté le jeudi 14 mai 2009 12:33

Modifié le jeudi 14 mai 2009 16:44

Génèse

Je prends une bouffée d'air frais, de ce qu'il en reste en tout cas. 21H et déjà les rues sont submergées de vomis, d'huile de moteur c'est dire l'état des voitures, vitres brisées, panneaux d'affichage brulés; la seule verdure à l'horizon est due au feu du carrefour. Sur le moment je me suis dis "quel cartier pourri". J'aperçois une silhouette, tout ce qui peut s'apparenter à un type du coin: crade, mal habillé, pas rasé depuis quelques jours, le genre de mec que vous croisez dans la rue et qui vous fera imaginer l'agression de votre vie. Ce type auquel je ressemble pas mal aujourd'hui c'était le gars qui m'a invité la veille. Il s'approche de moi et me balance "Eh ça va mec? Quoi de neuf depuis le temps? T'es pas avec ta meuf?" à peine le temps de lui répondre "Ben elle m'a..." il interrompt avec "Boh c'est pas grave ça nous fera plus de consos pour nous deux, hein mec?".
Laissez moi vous présenter Nathan. Il était fils d'un riche chirurgien esthétique et d'un mère au foyer. Surfant sur l'argent de ses parents il avait trouvé le vice parfait pour être libre et jugé assez sérieux par ses parents pour qu'ils le finance. Il s'était lancé dans un doctorat en psychanalyse, ça faisait assez d'années selon lui pour être tranquille et pour "baiser assez de fois" pour qu'il s'en lasse. Il vivait la nuit non pas par insomnie mais par volonté, tout ce qui se passait de bien se passait la nuit sur le campus. Il était l'antithèse parfaite de ce que présupposaient ses parents.
On rentre dans le premier bar sur la route, tout les styles y étaient : émos, punks, goths, baba-cools, hippies... A 75% de filles. C'était le bar parfait pour une rencontre. Assis au comptoir je demande à Nathan pourquoi on irait pas à une table. Il avait une théorie, vu ses années de pratique elle tient la route, "Quand on est assis à une table on est plus difficile d'accès, assis sur une chaise ne te montre pas, rester debout contre un mur signifie que tu ne sais pas où te mettre donc tu affiches un manque de confiance en toi, tandis qu'au comptoir tu es celui qui sera le plus vu; les commandes s'y font, les gens fixent leurs yeux sur les prochains alcools qu'ils vont boire et surtout tu peux mater les cibles dans avoir à te retourner." Suite à ça je lui demande pourquoi on est là. "Ben pour en choper une, ou deux si t'as de la chance!".
Mon c½ur se met à battre aussi vite qu'il peut sans aucun exercice, le stress qui augmente, mes mains et jambes se mettent à trembler, signe que le stress monte. En deux mois d'isolement j'avais frôlé la misogynie. Alors aller parler à une fille, la draguer, la ramener dans mon lit. Je lui explique donc le tout, le dernier lien que j'avais eu avec le sexe était l'orgasme qu'avait eu mon ex avec un autre homme. Sa réaction fut des plus simple : "Écoute, si t'as eu une frustration j'peux comprendre, mais là il faut que tu te défoule, zéro sexe pendant 2 mois c'est pas bon, c'est pas moi qui le dit c'est Freud, il dit aussi que si tu baise mal ça te fera une autre frustration, et vaut mieux pas dans ton état que tu touches le fond". Sur ces mots tout droit tirés d'un cours par un prof déjanté, il se lève prend la première fille qu'il trouve debout par la taille et lui claque "Eh t'as déjà vu mon pote Damien?".
Me voilà pas dans la merde, la fille semble en vouloir en plus, mini jupe débardeur avec vue plongeante sur son décolté. Sans même me dire son nom elle me propose à l'oreille "ça te dirait qu'on aille dans un endroit plus calme, beau gosse?". Dans ma tête je me suis dis deux choses, à quel point est-elle bourrée? et quoi de mieux que de prendre une humiliation sans que personne ne voit? J'ai donc accepté, le coin tranquille en question se trouvait être les toilettes situé dans ce qui pouvait être avant le sous sol. Elle me saute dessus, m'embrasse, me caresse, les deux mois d'abstinence m'ont fait oublier ce qu'était le désir, du coup à peine elle m'embrasse j'ai la gaule. Après 2 mois je retrouve le désir de dominer, prendre le dessus. Ma main va par réflexe au dessus de sa mini jupe et là j'ai cru pendant une seconde que c'était foutu. Elle m'arrête, me regarde, me sourit, s'agenouille, me dit "tu te tais et tu bouges plus" et là c'est parti. Le bonheur pur, le seul dont j'avais besoin sans le savoir, ne rien avoir à faire, la fille suce et lèche avec engouement, je ne sens plus mes jambes, plus mes bras, la seule chose que je peux ressentir c'est la sensation de ses lèvres.
Il y a une chose que ne disait pas Freud, c'est que deux mois d'abstinence provoque une éjaculation imprévisible et prématurée.
Malheureusement pour cette jeune fille, qui apparemment n'avait jamais eu les soins d'une éjac' faciale, c'est que je ne savais pas quand ça allait se terminer. En tout cas jusqu'au moment où je l'ai entendue hurler "mais c'est quoi ce bordel ?!".Curieusement la seule réaction que j'ai pu avoir était de baisser ma tête et j'ai souris. Le sourire béat, même les enfants n'en ont pas d'aussi beaux. Elle est bien sûr partie en courant. Nathan est sorti du chiotte et a commencé à gueuler "Il est des notres, il a pris son pied comme les autres"
Jamais la misogynie et mon hétérosexualité ne s'étaient aussi bien mélangées.

# Posté le samedi 16 mai 2009 11:17

Réveil

Après un sensation pareil une seule idée m'est venue. Et c'est à mes dépends que j'ai expérimenté l'expression "c'est de la branlette". Comment, putain comment je vais pouvoir récupérer un sensation pareil je peux pas attendre 2 mois d'abstinence.

# Posté le mardi 26 mai 2009 11:50

Modifié le mardi 26 mai 2009 14:29

Sauter à pieds joints

Certes on peut sortir sans rien savoir, certes on peut improviser mais dans le cas précis où l'on recherche l'offre pur et simple, là où la demande est au plus profond de soi en général ça ne se passe pas de la meilleure manière qui soit.
La prise de risque était pourtant minime; même type de bar, même type de fréquentation(le vendredi soir est toujours fréquenté par des dizaines de célibataires ne demandant qu'à se faire un petit plaisir pour oublier les problèmes de la semaine). La chasse était ouverte, plus question de faire le difficile de rechigner après 2 heures passées à observer les 15 filles différentes selon leurs boissons. Dis moi ce que tu bois je te dirais ce que tu fais.
Une Vodka Redbull adepte des classiques missionnaires et levrettes faculté particulière à suivre la masse, Whisky Coca qui se la joue sophistiquée mais peut néanmoins être intéressante car la recherche de plaisir et saveur est tout de même là, Bière pression durant les happy hour ça y est j'ai trouvé, la simple notion de cause à effet, l'envie d'arriver au résultat, lorsque l'on voit une fille de 25 ans pas trop moche prendre 3 bières pressions de 50cl pour une seule heure on peut se dire que le spécimen rare est présent.
Aborder une fille n'est pas si dur que ça surtout lorsqu'on sait faire semblant d'être bourré tout en attendant le moment où cette personne sort des toilettes, après qu'elle ait fait quelque pas, de son isolement la personne se retrouvera livrée à elle même, à son instinct. Mon rôle consiste juste à la réveiller. Lorsqu'on renverse une bière sur quelqu'un en général on se prend une baffe ou un petit ami retardataire. L'idée est donc de tourner en dérision l'erreur, la dégradation de la personne.
"Oh pardon vraiment j'ai pas fait exprès ". Attendre le "Putaiiin" juste avant. "Non mais t'es vraiment trop con". La dérision de soi est très importante mais elle s'utilise en parallèle avec la valorisation de la cible "Oui vraiment je m'excuse surtout que je viens de bousiller votre tenue. Attendez voici 20¤ pour le teinturier j'espère que ça fera l'affaire sinon je vous donne mon numéro et vous me dîtes le prix". A partir de ce moment il y a un long silence, une stupéfaction, les élans de générosité se font rares et un surplus de générosité vous met dans le malaise d'accepter, le billet n'est qu'une expression du premier lien établi, celui ci vous liant tous deux.
Suite à ça s'en suit une conversation basée sur la gêne de la vulgarité... Futilité ne visant uniquement qu'à établir un dialogue menant à une sortie menant à l'appartement. Le tour étant joué il ne suffisait pluqu'à ne pas sortir trop de clichés pour ne pas se faire repérer. On a été à son appart'.
Une chose en entrainant une autre, elle me fait part qu'elle désire prendre un bain avant chaque ébat, ainsi soit il. Un bain à quoi ça sert de prendre un bain juste avant de suer, de se salir, peut être un côté sensuel, c'est ce que j'ai supposé, avec la mode des chakras, du yin et du yang on peut s'attendre à tout, le yoga reste le seul donc bénéficie réellement l'autre personnes cela dit. Une fois sa "préparation" terminée je décide de prendre les devant et d'exprimer mon envie je prends le bouchon par la ficelle et le retire. C'est que je croyais, du moins avant qu'une lueur rouge ne se mélange au teint blanc cassé de l'eau du bain.
Il y a des moment où l'on voit des choses si répugnantes que chaque envie de plaisir est balayée ça m'a fait à peu près ça comme effet, le coup de froid la symbolique qu'au plus s'étend cette nuée au plus le sexe s'éloigne de moi.
Mais la poisse n'était pas avec moi ce soir, ce que je ne savais pas c'est que cette fille avait tout prévu. Elle savait qu'elle avait ses règles et avait préparé cette soirée. Moi ce que je ne savais pas c'est qu'un bain chaud n'ouvre pas seulement les portes des chakras mais que ça dilate l'anus, je me suis fait prendre à mon propre jeu. Mais pour mon plus grand plaisir puisqu'au final j'ai eu ce que je voulais avec une fille qui en voulait.

# Posté le dimanche 12 juillet 2009 13:36

Modifié le lundi 13 juillet 2009 08:22

Chronologie

Lorsque l'on devient accro au sexe au début tout est beau on peut encore être dégouté par certaines choses et surtout refuser de s'y soumettre, rentrer dans un club échangiste rempli de vieilles, se faire choper par un mec, accepter le bondage et le SM. Toutes ces choses qui me dégoutaient par rapport au sexe je les ai pratiqué même d'autre. Une chose était sure à partir de ce moment la masturbation était vaine.

# Posté le lundi 13 juillet 2009 15:23